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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 10:48

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La sécurité, on la traite où on l'exploite.

On ne peut pas faire les deux choses à la fois !

 

Par Gilbert BONNEMAISON, ancien Vice-Président

du  Conseil National de Prévention de la  délinquance.

 

Les violences paraissent s’apaiser et, tous, nous serions heureux que le mouvement se confirme tant la situation faite aux habitants de ce que l’on n’appelle plus que “les quartiers”, est insupportable. Mais chacun sait que ni la seule répression, ni le couvre-feu n’apporteront de solution durable à un problème qui s’enracine dans les conditions même de nos rapports sociaux.

                   Revenir à la normale, c’est retrouver le rythme quotidien de soixante voitures brûlées par nuit. Comment s’en satisfaire ? Et cessons de stigmatiser les émeutes… Sans elles, nous serions encore sous la monarchie absolue. D’ailleurs qui parmi nous n’a pas un ançêtre émeutier ou n’a été émeutier lui-même ? Ayons un peu de mémoire.

                   L’omniprésence médiatique du ministre de l’intérieur masque une réalité étourdissante: cette crise des banlieues signe l’échec total de la politique du “tout répressif “ voulue et défendue par ce même ministre. On ne s’interroge pas suffisamment sur la seule question qui vaille quant à l’étincelle qui a enflammé les banlieues: pourquoi trois jeunes, dont il est acquis à ce jour, qu’ils n’avaient rien à se reprocher, ont-ils été assez effrayés par un simple contrôle d’identité pour s’enfuir et perdre tout sens commun au point de se réfugier dans le pire endroit qu’ils pouvaient trouver ?

                   L’abandon des missions de police de proximité, le harcèlement des jeunes en dehors même de toute infraction, loin d’avoir empêché les émeutes, se trouvent directement à leur origine. Comment une réalité aussi aveuglante ne convaint elle pas l’opinion de se détourner d’une politique qui accentue le mal qu’elle est censée combattre?  Sans doute parce que le “génie” du populisme n’est pas de dégager des solutions mais de jouer des frustrations et du ressentiment.

                   A l’inverse, j’ai toujours défendu une politique de prévention, non par sensiblerie, pas même parce que notre morale humaniste aurait commandé ces choix, mais parce que c’est sur ce seul fondement que peut se construire une politique efficace de réduction de la violence, l’unique réponse sociale utile et durable à la question de la délinquance.

                   En 1982, le rapport de la Commission des maires sur la sécurité a fait soixante-quatre propositions. Celles-ci, pourtant adoptées par trente-cinq maires de toutes tendances, n’ont jamais pu être appliquées sérieusement. Crédits insuffisants, effets des alternances politiques, changements des choix et des priorités, aucune politique durable et efficace n’a pu être mise en oeuvre. Toujours est-il que de nombreux pays en Europe et dans le Monde ont pris nos idées pour développer ce que nous n’avons pu entreprendre et réussir. Nous serions bien inspirés d’aller voir à notre tour, ce qu’ils ont réalisé !

                   Une politique de prévention ne peut s’improviser. Elle ne peut se contenter de mesurettes improvisées, pour un discours d’un soir, après plus de quinze jours d’épreuves douloureuses pour tous.  On ne peut pas en attendre des effets à court terme. Elle implique en effet un engagement sur la durée de tous les acteurs sociaux dans le cadre de politiques publiques coordonnées.  Aussi, pour sortir de la crise, il faut faire des banlieues une cause nationale.

 

Au nom de l’expérience républicaine que nous avons connue au sein du Conseil National de la Prévention de la délinquance, j’en appelle à tous les maires de France, A nos Compatriotes :

 

Qui sommes nous ?

des Français. Mais lesquels ? les bons ? les mauvais ?

Faut il que les habitants de ce pays attendent de nouvelles tensions, de nouvelles explosions pour que des citoyens , des élus, des responsables se décident enfin à agir , en s’engageant au-delà des alternances politiques, avec une volonté affirmée de contribuer à  faire évoluer sans délai les quartiers de la République ?

Il n’est pas besoin d’être de droite ou de gauche, d’une religion ou d’une autre .

Il suffit d’être Femmes et Hommes de bonne volonté.

 

Pour participer à cet appel il suffit de vouloir résorber ensemble , les souffrances, les excès d’inégalités que l’on trouve aux marges de notre société.

 

 

 

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  • : Ma famille est Spinassienne depuis quatre générations, je vis à EPINAY SUR SEINE depuis toujours. Webmaster et collaborateur de Gilbert BONNEMAISON de 2001 à ses derniers jours. Ce blog est un outil qui me donnera les moyens de soulever quelques problématiques concernant ma ville qui me tiennent à cœur.
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